| | L’Atelier Blanc est une association dans l’une des motivations premières est de rendre l’Art contemporain accessible au plus grand nombre dans un département dont le contexte géographique enclavé et rural ne favorise pas la découverte culturelle. C’est pourquoi l’Atelier Blanc développe des actions en direction de publics qui ne viendrait pas d’eux même dans un espace d’exposition. L’exposition Au doigt et à l’œil de deux artistes (un voyant et un non voyant) à découvrir aussi bien avec les yeux qu’avec les doigts, se déroulera du 7 novembre au 27 décembre à l’Atelier Blanc et servira de base à l’action proposée en résonance à l’anniversaire de la naissance de Louis Braille qui travailla à l’insertion des aveugles dans la société en leur permettant un accès à l’écriture.
Pierre Maunaury, dit Joinul, psychiatre de formation, entame un travail artistique autour de l’écriture et intègre du braille dans ses œuvres plastiques. Claude Garrandès, artiste niçois privé de la vue à 12 ans articule son travail autour de la silhouette et de l’ombre et crée des sculptures anthropomorphiques en fil de cuivre avec une recherche sur l’ombre portée. Les 2 artistes, chacun inspirant l’autre, s’associent pour proposer un travail de réflexion sur la perception mêlant ombres et lumières, couleurs et noir et blanc, langage visuel et touché.
Ce projet est né d’une volonté de prolonger la démarche des deux artistes.
L’Atelier Blanc souhaite donc profiter de cette exposition mêlant un artiste voyant et un non voyant pour confronter des voyants avec des aveugles ou mal voyants autour du thème de la vision et la perception. L’Action « au doigt et à l’œil » réunit donc deux types de publics particulièrement en difficulté par le handicap ou socialement et pour lesquels, l’Art n’est pas une préoccupation naturelle.
Deux actions seront menées en parallèle avec des scolaires et des adultes. La première action proposera la rencontre entre un groupe d’élèves de 10-12 ans et un groupe de jeunes aveugles du Centre de rééducation pour déficients visuels de Rodez. La seconde action proposera la rencontre entre un groupe d’adultes aveugles de l’institut des jeunes aveugles de Toulouse et un groupe d’adultes en insertion de l’association Village 12 de Villefranche de Rouergue. Aborder une exposition d’art visuel par la vison et/ou la perception. Dans un contexte actuel où l’image est présente partout (TV, ordinateur, Pub…), comment deux groupes voient ou perçoivent ce monde. Comment peuvent-ils échanger leurs expériences et influencer leur vision et perception.
Une première étape proposerait une rencontre de deux groupes (deux groupes d’adultes, deux groupe d’enfants) à l’Institut des jeunes aveugles de Toulouse (pour les adultes) et au Service de rééducation pour déficients visuels de Rodez (pour les enfants) pour une discussion autour de la thématique, chacun évoquant sa définition de la Vision et de la perception. Comment aborder les arts visuels sans la vision. Cette rencontre sera animée par Joinul et Claude Garrandès, les deux artistes de l’exposition Au doigt et à l’œil.
La deuxième étape se déroulerait à l’Atelier Blanc : Une visite commentée adaptée de l’exposition est proposée dans un premier temps aux groupes de non-voyants.
Dans un second temps, les groupes de voyants seront mis dans les conditions d’un non voyant et seront guidés dans l’exposition par groupes de non-voyants. Ils se feront une idée de l’exposition par la seule perception (touché, ouïe, odorat) qu’ils confronteront à la fin à la vision de l’exposition.
Une dernière étape inversera les rôles puisque les voyants proposeront aux non voyants un travail commun dans le cadre d’un atelier de création après avoir réfléchit au moyen de s’adapter à la spécificité de la création d’art visuel sans la vision.
Nous souhaitons interpeller les deux groupes témoins (adultes et enfants voyants et non voyants) pour leur permettre d’échanger leur expérience. Ces deux publics à priori différents pourront apprendre ce qui les rapproches (volonté de s’insérer dans la société) et ce qui les oppose (La vison et la perception). Nous espérons changer le point de vue sur soi et sur l’autre.
Pour rendre compte de l’Action et témoigner de l’expérience, l’ensemble de l’action sera filmé et donnera lieu à la réalisation d’un film documentaire. Ce film scénarisé, intégrant des sous-titres sonores, produit par une société de production professionnelle, servira de base à un travail de diffusion dans les établissements scolaires et les établissements spécialisés pour les déficients visuels amenant ainsi chacun à prolonger la réflexion résultant de l’action menée.
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