| | Dans cette série de peinture, le corps de cette homme blanc cinquantenaire, est comme éclaté en plein de petits bouts, de membres, comme des éléments de langage pictural d’un pouvoir silencieux.
La main, le doigt qui pointe, l’œil, la tête, le crâne, le sexe... sont autant d’indications, désignations, d’ordres, ou d’autorités révélant les jeux de pouvoirs et de relations qui sont à l’œuvre entre ces figures.
Représenter cet homme nu c’est le montrer dans la peinture comme on le voit rarement (...) Donner cet homme à voir, à nu, c’est aussi se donner à voir, donner à voir cet homme à lui-même mais également montrer et cacher : Qu’est-ce qui peut être vu ? Qu’est-ce qu’il veut voir ? Que donné-je à voir ? Qu’est-ce que nous voulons voir, nous spectateurs à travers lui. Ce sont autant de jeux de regards, de questions/réponses entre chaque élément de la série qui se renvoient la balle l’un l’autre. L’homme du ressentiment, pointant toujours au-delà de sa vue la faute à l’autre, juge et coupable, tyran et à la fois esclave systémique ; de là naît son amertume. Il a pourtant ironiquement l’air inoffensif, comme si après tout, ce n’était qu’un homme. |