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Melissa ANTIER CARDENAS |
| | Née en 1999. Diplômée de l'ENSPAC, Cergy. Vit et travaille à Berlin, Allemagne.
"Ma pratique s’enracine dans le désir initial de saisir mes origines mexico-réunionnaises. Cette multitude a inspiré un art protéiforme, allant du textile à la performance, et la peinture. Ma démarche de base consiste à mystifier des gestes domestiques ou régressifs au travers de symbolismes et hybridations.
Je me base sur des archives personnelles, issues d’une constellation de communautés et de territoires. Je m’intéresse à la famille non nucléaire, et l’explore à travers des thèmes tels la digestion, le déplacement, le soin et les transmissions intergénérationnelles. Vivre en diaspora m'a aussi mené à chérir les familles choisies formées dans des milieux militants, antipatriarcaux et migrants." |
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1, 2, 3 x mí y todxs mis amigxs | | | 
| | | Mélissa Antier Cardenas, 1, 2, 3 x mí y todxs mis amigxs.
Laine Navajo-Churro teinte à la main : pelures d’oignons rouges et jaunes, os d’avocats, haricots noirs, cochenille, citron vert et fer ≈ 1.75 x 2.20 m. 2025. Courtesy de l’artiste |
| | Cette fresque textile poursuit la tradition murale mexicaine visant à célébrer notre héritage en narrant parallèlement nos défis sociaux. Ce tapis a été fait à Denver en réaction à la xénophobie croissante aux ÉtatsUnis. Il a pour but d'explorer la dimension matérielle et symbolique de la maison occidentale et l’influence de celle-ci sur nos sentiments d'appartenance, de différence et de sécurité.
La composition superpose des symboles liés à l’habitat qui historiquement ont engendré des antagonismes, tels que la politique de redlining, les ‘suburbs’ et les dispositifs de surveillance. À l'opposé, une forme plus crue d'enracinement est incarnée par des entités organiques et des éléments invoquant des cycles. Un épi de maïs alimentant un orage rappelle la dynamique ancestrale de la complémentarité agriculturelle : le système des trois sœurs (milpa) partagé par les peuples originaires avant l'avènement des États-nations tels les USA et le Mexique.
Le feutrage a été fait majoritairement avec de la laine de mouton Navajo-Churro, une race espagnole apprivoisée par le peuple Diné, qui frôla l’effacement à deux reprises faute du gouvernement états-unien. La palette de couleurs obtenue suite à un processus de teinture à la main honore la cuisine mexicaine ainsi que le patrimoine d’usages de pigments. Les gestes de reproduction tels que la cuisson, le lavage, le séchage, le peignage et le massage ont donné vie au tapis, rappelant que la domesticité est un effort de soin et de maintien.
Ici, ces actes somatiques deviennent régénérateurs, célébrant une diversité qui résiste en ces temps-ci. |
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